Pierre DURAN CAMPANA

de l'information à la connaissance …

Avec les réseaux sociaux sommes nous, chacun, devenu une source d’information potentielle ?

Twitter, Facebook, Instamgram, google+, nous publions de l’information ? Du buzz personnel ? Nous sommes suivis (followés), retwittés … J’aime, +1 ! Voilà les modes de reconnaissances de nos tribus sociales. Mais l’information, les sources dans tout ça, c’est quoi ? C’est où ? C’est pour qui ?

A début de ce siècle, nos sources d’informations étaient différentes d’aujourd’hui.

On pouvait les classifier en trois types principaux : la presse écrite, les radios et les chaînes de télévision. Tous ces médias travaillaient sur des sources de trois origines : les équipes sur le terrain, les communiqués de presse, les informations des agences de presse.

Internet : s’informer devient numérique

Internet a fait explosé ce modèle, en quelques années, les moteurs de recherche ont complètement changé l’organisation de l’information.

Avec l’apparition des médias en ligne, la presse écrite a faibli, elle s’est positionnée sur le web et propose désormais une offre mixte.

Entre temps, certains médias se sont partiellement affranchis des agences de presse qui ont dus se restructurer, changer de modèle économique, offrant tout à la fois des informations provenant de leurs correspondants mais capables de procurer désormais des images, des vidéos en provenance des internautes et des réseaux sociaux.

Quand aux communiqués de presse, ils sont devenus beaucoup moins essentiels, remplacés notamment par des « keynotes » dont Apple a imposé un modèle, générant un buzz considérable dont l’impact est supérieur à 100 communiqués de presse (Free a parfaitement réussi à lancer sa téléphonie mobile sans publicité d’aucune sorte et en limitant au minimum les informations « officielles »).

A ce contexte, il faut ajouter les réseaux sociaux, véritables médias de l’instant. Qu’il s’agisse de Facebook ou de Twiter, les informations diffusées peuvent être des témoignages au plus près de l’évènement (révolutions arabes de 2011) ou de véritables « indiscrétions » (#radiolondres pendant les élections présidentielles). On n’est pas dans du « teasing », on est dans l’instantané !

Mais peut-on considérer qu’il s’agisse véritablement d’une multiplication des sources ? Comment avoir une démarche de vérification des informations lorsque le propos de l’émetteur est d’interagir et non d’informer ?

Disposons nous vraiment de nouvelles sources ?

Ces évolutions, qui ont vu se réduire les sources structurées, organisées et contrôlées au profit de sources individuelles, dispersée et incontrôlables, constituent un phénomène sans précédent.

Comment faire son tri, comment faire en sorte de suivre de près ce qui se passe sur twiter, comment faire en sorte de se tenir informé sur ce qui se publie sur les blogs ?

Construire son mode d’information devient maintenant une démarche personnelle, chacun peut créer son environnement de nouvelles, sa veille sur les flux provenant de toutes sources planétaire (Flipboard, Pulse, Google Flux, …).

La pratique qui consistait à acheter « toute » la presse pour faire une revue des nouvelles et de leur traitement est maintenant devenue obsolète. Bien des titres diffusent le même contenu dans l’ensemble des publications de leur groupes, les chaînes de télévision partagent des reportages, les twet sont retweter …

Il semble que les informations soient essorées pour rentabiliser au mieux le coût des sources.

Grattons un peu, voilà la curation qui se profile …

Une nouvelle approche se développe , la curation. Il s’agit pour certains internautes (les curateurs) de « collectionner » des publications portant sur des sujets très spécifiques et de les assembler grâce à des outils en ligne (scoopit, pearltrees, …).

Cette tendance permet à ‘l’internaute fureteur de disposer de liens vers des informations, il lui restera à vérifier la fiabilité et la qualité de celles-ci.  La curation est sans doute une bonne opportunité pour s’informer sur des thématiques déjà existantes et dont les mises à jour se font régulièrement. Mais pour le flux des informations non récurrentes, non thématiques, comment faire ? Y-a-t-il une place pour des médias d’un nouveau genre ? Des agrégateurs de twets automatiques ? Des assembleurs de news ? Quel contrôle des sources opérer ?

La fracture numérique : augmentation de la communication au détriment de l’information ?

N’oublions pas que l’utilisation d’internet pour s’informer ne concerne pas tout le monde, et que cette évolution vers un mode de publication en ligne a tendance à appauvrir l’offre des médias plus classiques : les journaux gratuits, les journaux télévisés, les flash radios ne permettent ni la pluralité des sources ni l’approfondissement que procure désormais la richesse du WEB.

Si on regarde le futur, le risque de sous information pour ceux qui n’auront pas accès à internet est important. La fracture numérique c’est plus sournois qu’il n’y parait. Comment voter « éclairé » sans information de qualité ? Comment informer sans tomber dans le piège de la communication ?

Mon grand-père disait : un journal qui met des photos, c’est qu’il n’a rien à dire … Et si on publiait sur des « web-dias » qui deviendraient de vrais sources d’informations ?

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Cette entrée a été publiée le 26 avril 2019 par dans Information, et est taguée , , , , , .